Bleu gnawa

Danses et transes des nuits marocaines

Trois générations de femmes et l’ensemble musical du maâlem Hassan Boussou donnent corps à cette célébration chorégraphique, hommage au rythme et à l’harmonie gnawa.

à propos du spectacle

Khalid Benghrib a assisté enfant aux lilas menées par ses deux grands-mères, et la jubilation de ces nuits de transe ne l’a jamais quitté. Arrivé à la maturité de son art, il développe son écriture chorégraphique en s’appuyant sur la grammaire des couleurs gnawa, chaque esprit correspondant à une couleur, chaque couleur informant un rituel. Après le violet et la polychromie de ses deux dernières pièces, voici les Bleus, créées au musée du quai Branly…

 

Inspiré du rituel de la “lila gnawa”, nuit veillée invocatoire et thérapeutique de la culture gnaouie marocaine, Bleu est un événement scénique qui fait référence à l'invocation des génies -djinns- originaires de la mer. La couleur bleue est celle de l’eau qui nourrit, qui apaise, mais qui peut aussi emporter et conduire à la folie… le rituel des Bleus est identifié par l’arrivée de la porteuse d’eau, qui exécute une danse circulaire et accélère jusqu’à parvenir au rythme parfait de la transe. Se succèdent ensuite trois générations de femmes : des ordonnatrices de la médina de Casablanca, des participantes de la génération de leurs filles et des danseuses de l’âge de leurs petites-filles.

 

Loin de reproduire sur scène le rituel lui-même, Khalid Benghrib explore d’un geste chorégraphique minimaliste les danses des “bleues” dénuées de leur portée mystique : il puise dans ce qu’elles provoquent en lui, dans ce processus physique où sensualité et équilibre naissent du rythme et de l’opulence des corps. Le spectacle est porté par quinze danseuses et cinq musiciens dont la fraîcheur s’épanouit dans la fraja : la joie du spectacle, communicative et envoûtante.

Dans le cadre de la